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Découvrez le témoignage de Pierre, expatrié à Bangkok depuis 2012

Nous avons passé 2 heures en compagnie de Pierre, un expatrié Français en pré-retraite à Bangkok. Ce fut l’occasion de lui demander comment se passait la vie à Bangkok, ce qui lui manquait de la France ou encore les démarches relatives aux frais de santé. Bonne lecture !

  • Bonjour Pierre. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs rapidement ?

Bonjour, je m’appelle Pierre, en Thaïlande depuis 5 ans, je suis pré-retraité d’une société multinationale. Je suis passé par 9 pays avant d’arriver en Thaïlande où j’ai terminé ma carrière. Au total, je suis expatrié en couple depuis 25 ans. J’ai notamment passé 10 ans au Moyen-Orient, en Syrie, Iran et Dubai ; mais aussi en Afrique du Nord, de l’Ouest et de l’Est.

  • Depuis combien de temps êtes-vous à Bangkok  ?

Je suis à Bangkok depuis juillet 2012, soit un peu plus de 6 ans.

  • Qu’est ce qui vous a fait rester en Thaïlande ?

Après 9 pays en expatriation nous avons eu le temps de déterminer les critères appropriés pour une expatriation réussie.

Le premier, c’est la clarté et la stabilité du cadre juridique pour un retraité.  Comment obtenir le visa ? Et comment le renouveler ? Comment fonctionne un compte en banque et une carte de crédit, obtenir un bail, avoir une voiture, etc … ? Il y a aussi les relations que l’on peut avoir avec son propriétaire, l’administration, la justice … Ici on ne peut pas dire que c’est un pays où l’on soit en butte à des tracasseries, comme ça peut arriver ailleurs.

Ensuite la présence dans plusieurs points de la Thaïlande, et surtout à Bangkok, d’une communauté expatriée francophone résidente forte et stable permet une bonne intégration. Car en tant que retraités, nous perdons 2 importants facteurs d’intégration qui sont « notre job » et « l’école de nos enfants ».

Enfin, le système de santé : en Thaïlande on est pris en charge en cas d’accident, on peut trouver des conseils professionnels  en français pour sélectionner un établissement de soins où l’on pourra  obtenir un diagnostic, recevoir des soins, se faire opérer… En bref, on ne doit pas prendre l’avion au moindre pépin de santé !

  • Comment faites-vous pour vous couvrir en terme de santé ?

Le plus important est de choisir un système d’assurance qui passé 65 ans ne pourra ni « vous éjecter » ni « augmenter   excessivement » les primes.  Quand on est français, le mieux est de prendre une assurance santé complémentaire adossée à la CFE (Caisse des Français à l’Etranger). Il y a plusieurs organismes, en cheville avec la CFE, qui proposent ce système de « guichet unique » auxquels sont soumis tous nos frais médicaux et qui assurent directement le paiement de l’intégralité des sommes depensées.

Cela peut être un peu compliqué au départ pour rejoindre la CFE avec une période de carence et un droit d’entrée, particulièrement si on n’était pas préalablement couvert par le régime de la sécurité sociale française ou si l’on n’est pas (encore) au bénéfice « d’une retraite pleine » au sens de la réglementation française. Dans ce cas la Complémentaire peut proposer entre-temps une assurance au « premier Euro ». NB : Il faut se renseigner, car je crois savoir que les lignes bougent positivement à la CFE.

L’avantage est que lors d’un déménagement en France on retrouvera directement le système de sécurité sociale. La CFE en est une « extension ». Pour la complémentaire, nous sommes avec Allianz Healthcare. Son système de remboursement est simple, une fois la période de rodage passée. Le seul lien qui subsiste avec la CFE est la cotisation trimestrielle qui est acquittée directement. En retour on reçoit un détail des opérations de santé que la CFE a couvertes auprès d’Allianz. Je sais que la GMC propose un programme similaire.

A noter qu’Allianz nous rembourse entre 80% à 100% des soins ou frais d’hospitalisation. Ils remboursent également très correctement les frais dentaires et optiques. Pour un couple, l’ensemble CFE Plus AllianzHealthCare nous revient à un peu moins de 10 000€/an.  Le fait d’avoir un enfant à charge ne nous coûtait presque rien. NB : la prise en compte des situations individuelles est clé. Il vaut mieux faire faire un bilan détaillé et demander un devis.

  • Pourquoi avoir choisi de rester en Thaïlande ?

Pour toutes les raisons énoncées précédemment, mais en plus il y a le système de « non double- imposition » avec plusieurs pays, dont la France, qui fonctionne bien.

Mon conseil en prévision d’une installation durable est de faire procéder à un bilan patrimonial par un cabinet spécialisé dans l’expatriation. Cela n’est pas très onéreux, et facilitera la compréhension des enjeux et la bonne exécution du plan d’installation.

  • Qu’est ce qui vous plait le plus dans ce pays ?

En Thaïlande on se sent assez vite chez soi, c’est un pays à la fois authentique et moderne. On y trouve dépaysement et confort de vie. Malgré les différences culturelles on peut créer un « chez soi ». C’est un pays où on se sent libres de ses choix et c’est bien agréable.

  • Quelle activité appréciez-vous le plus en tant que retraité ?

Notre vie est axée autour de la culture : l’histoire locale, la civilisation indo-bouddhique, l’archéologie au « Siam », mais aussi dans les pays voisins riches culturellement et faciles d’accès Avec ma femme, nous sommes guides volontaires au Musée national de Bangkok, et avons un engagement dans la communauté francophone, notamment avec l’association Bangkok Accueil. Je suis aussi membre des « Bangkok Business Angels ». A côté j’essaie continuellement de me perfectionner en Thai, mais ça nécessite du temps, c’est un travail fastidieux.

  • Comment se passe la vie en couple en Thaïlande ?

Ici, pour un couple marié avec ou sans enfant, je ne vois pas d’obstacle externe. Les emplois ou possibilités d’occupations alternatives semblent possibles. Si un couple « marche bien », ce n’est pas en Thaïlande que cela risque de se détériorer.

  • Qu’est-ce qui ne vous plaît pas en Thaïlande ?

On reste à une bonne journée de voyage depuis l’Europe. Le climat n’est pas « extraordinaire » par rapport à d’autres pays, notamment là où il y a de vraies saisons. Ici il fait chaud et humide, une saison des pluies assez longue. Pour résumer, éloignement et climat sont les points faibles, mais apparemment les gens s’en accommodent bien !

  • Qu’est-ce qui vous manquerait le plus si vous deviez revenir en France ?

Lors de nos expatriations nous avons connu en beaucoup d’endroits une énergie d’entreprendre, un respect des individualités, une liberté intellectuelle que – c’est notre ressenti – l ’Europe est en train d’abandonner.

Les asiatiques sont toniques avec une grosse envie d’aller de l’avant : apprendre, progresser, réussir. Derrière le cliché « toujours souriants », les gens gardent en eux-mêmes un certain « bien-être », le sens de la « justesse » sociale et individuelle, peut être liés à l’enseignement religieux … je ne sais pas. Pas sûr que l’on retrouve pareille atmosphère en France aujourd’hui.

  • Qu’est ce qui vous manque le plus de la France ?

Notre appartement de Nîmes où nous nous sentons bien. On a beau avoir embrassé et tiré parti de la mondialisation, voyagé pendant 25 ans, nous restons très attachés à notre culture française.

  • Pourquoi Bangkok et pas Phuket ou ailleurs ?

Nous avons dû nous installer à Bangkok en premier. Puis on n’est pas spécialement « mer », on préfère visiter « le plateau », le nord. Mais, à nouveau, les facteurs les plus importants restent ceux de la présence d’une communauté « amie » et de l’intégration. 12 mois c’est long, et il faut s’occuper tous ses jours. Cela parait plus simple à Bangkok car il y a plus d’activités, de possibilité de rencontres, de « vie ». Même en France on est plus « urbains » et ça a continué en Thaïlande.

  • Quelles sont les démarches à effectuer en tant que retraité en Thaïlande pour toucher sa retraite ?

Une fois remplies les conditions assez faciles posées par la Thaïlande pour l’obtention du visa « retraité », restera un foisonnement de situations qui peuvent amener des réponses différentes. D’où l’idée de faire procéder à un bilan patrimonial. Pour des cas qui relèvent plus particulièrement de l’administration française, et si l’on est déjà établi, à noter l’existence de conseillers consulaires élus qui peuvent vous assister.

Nous remercions chaleureusement Pierre pour son témoignage et espérons qu’il a pu apporter des réponses aux interrogations que vous vous posiez !

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